Histoire de l’Or


D’où viennent nos bijoux et nos accessoires en or ? De chez le bijoutier bien sûr ! Quelle question ! Il semblerait en effet qu’il s’agisse d’une question qui ne devrait pas se poser et pourtant, la qualité de l’or varie selon le lieu d’extraction de celui-ci et il est d’une grande importance de connaître l’origine de votre or.

Si l’on évalue la production totale de l’or depuis la première exploitation jusqu’à nos jours, on arriverait à près de 145 000 tonnes d’or exploitées. Il s’agit d’un montant énorme et cependant la production mondiale ne cesse d’augmenter malgré une certaine fluctuation de l’exploitation selon différentes périodes de notre ère. Quels sont donc les principaux pays producteurs d’or et quel est l’état de la production de l’or dans le monde ?

L’Afrique du Sud : principal pays producteur d’or dans le monde

L’Afrique du Sud fait partie des pays qui produisent le plus de ce métal précieux. Au début, lors de la découverte des différentes mines éparpillées un peu partout dans le pays, la production a atteint son paroxysme mais actuellement, l’état de ces mines ne permet plus d’obtenir autant de quantité qu’auparavant. En effet, si les mines qui ont résisté à plus de cent ans d’exploitation se situent pour la plupart autour de Johannesburg, à environ 100 m, elles se trouvent dans des conditions difficiles qui ne favorisent pas beaucoup l’extraction. Trop profondes et nécessitant un lourd chantier, leur exploitation reviendrait très chère et prendrait beaucoup de temps. Malgré tout cela, L’Afrique du Sud assure encore 25 % de la production mondiale de l’or avec environ 550 tonnes d’or exploitées par an.

Les Etats-Unis, qu’en est-il de la ruée vers l’or ?

Les Etats-Unis ne sont pas à négliger dans la production de métal précieux et surtout l’or, ils tiennent la seconde place quant à la quantité fournie annuellement sur le marché mondial. Si au temps de la ruée vers l’or et la découverte des mines situées en Californie, les Américains ont pu produire une quantité importante d’or, ce ne fut pas le cas vers les années 80. La frénésie des chercheurs s’est un peu émoussée et les mines étaient à leur épuisement. En 1995, les Etats-Unis reviendront en force avec à peu près 350 tonnes d’or fournies par an grâce aux nouvelles mines de Nevada. Cependant, le grand continent américain ne s’arrête pas aux Etats-Unis puisqu’il existe d’autres pays comme le Canada qui arrive à produire près de 150 tonnes d’or par an. Les grandes mines d’Ontario et du nord-ouest du Québec ne sont donc pas à négliger si l’on parle de production mondiale de l’or. Enfin, l’Amérique du Sud n’est pas en reste grâce au Brésil même si la production n’atteint pas une quantité importante, avec 75 tonnes par an, les mines de Mineracao Morro Velho ont placé l’Amérique du Sud dans le rang des grands producteurs d’or du monde.

Deux zones phares de la production mondiale : l’Australie et la Russie

Du point de vue historique, l’extraction de l’or a une place prépondérante en Russie. Du temps de Staline, certaines mines comme celle de l’Oural étaient au summum de leur production. La quantité fournie par la mine de l’Oural à elle seule était spectaculaire, malheureusement cette quantité est passée de 285 tonnes à 250 tonnes en l’espace de 2 ans, c’est-à-dire de 1989 à 1991. Aujourd’hui, ce sont les mines du Kazakhstan et d’Ouzbékistan qui sont les sources les plus actives de l’or russe, la vieille Oural a quant à elle, ne produit plus qu’une une centaine de tonnes d’or par an. Si nous mettons le cap sur l’Australie, nous découvrirons que le fer de lance de l’économie du pays est la production d’or. En effet, l’Australie arrive à produire près de 254 tonnes d’or par an, ce qui la propulse à la troisième place du rang mondial des grands producteurs.

La production mondiale de l’or, en perpétuel changement

Malgré l’existence de ces grands exploiteurs, la quantité produite mondialement chaque année n’est pas toujours constante. Il existe une période où la production a atteint son maximum : tel est le cas des années 70 à 2001 où la production a pu atteindre 2.600 tonnes. Au contraire, nous pouvons remarquer des périodes assez creuses comme de 1945 à 1975 où cette quantité n’a pas dépassé les 1.200 tonnes. En tout cas, l’on sait qu’il existe encore des réserves minières dans le monde et que pour les années à venir, nous pourrons encore profiter de l’existence de ces métaux précieux.

La vie des êtres humains n’est pas toujours de tout repos du fait qu’ils sont à la recherche incessante de la richesse matérielle et spirituelle. Si l’or est un symbole de la richesse matérielle, la religion affiche la richesse spirituelle. Mais il faut dire qu’ils ont fait route ensemble depuis le début de leur existence. Ils sont, en fait, associés.

L’or durant l’antiquité et chez les bouddhistes

L’or, de par sa composition, est inaltérable, il est très prisé pour sa rareté et pour la charge symbolique qu’il représente. Et bon nombre de religion l’associe à leurs croyances religieuses. Les Egyptiens de l’Antiquité ont accordé un intérêt obsessionnel pour l’éternité et ils considéraient l’or comme étant la chair des dieux. Le pharaon était idéalisé de ses disciples, ils l’identifiaient aux étoiles, et quand il mourut, ils sont allés jusqu’à lui fabriquer des masques funéraires en or pour mémoriser éternellement son visage. Toujours en parlant d’or et de religion, le masque d’or du Pharaon Tontankhammon était fabriqué avec 11 kilogrammes d’or massif, et dans son tombeau, on a découvert plus d’une tonne d’or pur. Les Bouddhistes sont de fervents croyants, et la plus grande statue d’or massif du monde leur est associée, elle se trouve à Bangkok, avec une hauteur phénoménale de trois mètres, et elle est composée de cinq tonnes et demi d’or. Les Bouddhistes Tibétains, une des branches du bouddhisme chinois, ne sont pas en reste. Lors de la réfection du Palais de Potala, en plus des millions d’argent dépensés par l’état tibétain ainsi que des perles et des bijoux, ils ont utilisé cent onze kilogrammes d’or.

L’or et le christianisme

Les chrétiens se sont aussi servis de l’or pour mettre en valeur leurs croyances. Dans le livre de l’Exode, il y avait le veau d’or qui symbolisait l’idolâtrie. Dans le temple de Jérusalem, plusieurs objets étaient faits en or : il y avait un ménorah, des coupes et une arche d’alliances, tous en or. Dans le Nouveau Testament, il est écrit que les mages d’Orient ont offert de l’or au Petit Jésus à sa naissance. Et l’histoire du christianisme relate encore d’autres faits : il est dit dans le livre de l’Apocalypse que le Christ apparaît à Jean, entouré de sept chandeliers en or, et qu’un ange y verse de l’encens avec une pelle en or. La religion associe l’or à l’éternité, qui en tant que telle, est inaltérable et éternelle. Il a la couleur dorée et éclatante du soleil, et cela lui confère un pouvoir divin. En quelque sorte, l’or est un mythe, il est considéré comme la lumière de Dieu, et témoigne de sa présence dans le monde. Il est le symbole de la dignité, de la divinité par excellence.

Représentation de l’or dans les diverses religions

Tout compte fait, dans la religion chrétienne, tout autant que dans les cultures juives, et dans les croyances bouddhistes, l’or représente la dignité de la divinité. L’art religieux se présente souvent comme les statues des saints et des anges, dont la tête est entourée d’or en forme de nimbe. Et comme l’or est la lumière de Dieu, il est aussi présent dans les oeuvres d’art chrétiennes occidentales, dont ils sont les fonds, comme les mosaïques de Ravenne ou de Palerme. Dans la plupart des religions, l’or est donc considéré comme le symbole par excellence de l’existence de l’éternité, mais selon les formes que chaque religion lui accorde. Il est inaltérable, et représente la vie éternelle que les religions prêchent. Il est éclatant, rayonnant et lumineux comme le soleil, et cela représente la divinité de son existence. Il est le symbole de la richesse matérielle. Les gens qui possèdent plusieurs bijoux en or sont considérés comme des richissimes, et il en existe même, qui ont des lingots et des tonnes en réserve. Mais, en même temps il est aussi le symbole par excellence de l’existence des religions dans la société. Le christianisme, le bouddhisme, et les croyances juives l’utilisent pour représenter leur adoration et leur foi. Il est présenté sous diverses formes, mais étant inaltérable, on reconnaît toujours l’importance de la valeur qu’on compte lui attribuer.

Et pourtant, il existe tout de même des croyances qui séparent l’or de leur religion. Cette situation est surtout propre aux sectes. Comme, en général, ils n’ont déjà pas un lieu spécifique, comme une église ou des monastères, ils le considèrent comme une atteinte à la foi. Aucun de leur membre ne peut porter un objet en or, si petit qu’il soit. Ils interdisent toute utilisation d’objet fabriqué à partir de cette matière, que ce soit un bijou ou toute autre chose. Ce cas devient de plus en plus fréquent, étant donné que les sectes commencent à émerger et à envahir le monde religieux. Mais les religions conventionnelles arborent toujours aussi fièrement le symbole de leur foi.

Auparavant, l’exploitation minière se faisait à partir d’exploitation des dépôts rocheux secondaires ou alluviaux ou par le dragage des rivières. Grâce à la technologie, des appareils détecteurs de métal sont utilisés sur le périmètre minier avant toute exploitation afin de déterminer s’il existe ou non de l’or sur la surface. Ensuite, des études minéralogiques et des études de la terre sont faites pour connaître les différentes caractéristiques et le genre d’exploitation faisable sur le périmètre : exploitation à ciel ouvert ou souterraine. Ces critères touchent surtout la nature, la profondeur, la teneur, la taille et l’état environnant des roches.
Apparemment, les extractions souterraines donnent des produits de qualité supérieure par rapport à ceux extraits à ciel ouvert. Une nouvelle extraction peut même se faire sur une ancienne pour pouvoir détecter d’autres minéraux.
Extraction à ciel ouvert

Pour la méthode d’extraction à ciel ouvert, la sécurité est avant tout l’objectif primordial de l’exploitation du fait que le degré de la pente et des gradins doit assurer l’accès aux roches. En outre, les terrains qui ne sont pas nécessaires et qui recouvrent la surface de la mine doivent être remblayés de côté pour donner éventuellement une voie libre aux engins de travail. Le forage et l’utilisation d’explosifs pour détruire le dépôt peuvent également avoir lieu au cas où le minerai serait dur et difficile à travailler.

Extraction souterraine

Le choix d’une extraction souterraine se fait dans le but d’avoir un meilleur contrôle et un meilleur rendement du produit du point de vue qualité et quantité. Il est vrai que l’extraction se fait après le forage ou l’explosion des gradins. On procède par la suite au pompage afin d’enlever l’eau pour extraire librement les minerais. Le broyage du minerai s’ensuit pour pouvoir discriminer les différents produits. Il existe trois méthodes utilisées pour cette extraction de l’or.

En premier lieu, on a la méthode gravitaire. Comme son nom l’indique, elle consiste à distinguer l’or à partir de sa densité plus lourde que celle des autres minerais. Elle consiste en la construction de placers alluviaux pour faire couler les particules et comme l’or est lourd, il reste au fond et les autres particules seront éliminées.

La deuxième méthode est l’amalgamation qui est une méthode très rupestre. Ainsi, le mercure et l’or sont mélangés puis mis au four afin de pouvoir récupérer le mercure. L’or reste avec les autres particules qui ont les mêmes caractéristiques que lui. Les inconvénients sont que la quantité d’or récupérée dépasse de peu les 50%. Le mercure est réputé être un produit toxique qui nuit à l’environnement. Cette méthode artisanale est utilisée dans les pays d’Afrique ou en Amazonie, c’est-à-dire dans les pays en voie de développement où la fièvre de l’or fait encore rage sans que les gens prennent en considération leur santé, et ce pour l’exploitation de l’or.

La troisième méthode est celle par cyanuration. Cette fois-ci, les particules d’or sont dissoutes dans du cyanure de sodium dont l’utilisation est uniquement permise dans les grandes usines soumises à des normes strictes. On ajoute de la chaux à la solution pour que le pH soit égale à 9 et pour éviter la transformation du cyanure en poison mortel. Puis, le liquide sera désoxygéné et mélangé avec du zinc en poudre ou du charbon actif, pour être à la fin filtré. Par la suite, le produit sera fondu dans un four et coulé en barres. En Australie, on utilise du charbon actif à la place de poudre de zinc. Dans le cas où le minerai d’or contient d’autres particules comme l’antimoine ou du sulfure de métaux, on utilise d’autres solutions que le cyanure comme la thio-urée.

Raffinerie

Vu que les produits issus de la mine sont encore impurs, il faut les travailler dans une raffinerie pour être fondus une nouvelle fois et mélangés avec du chlore. S’il y a encore d’autres particules, ces dernières vont par la suite flotter dessus à cause de la température pour pouvoir être retirées du creuset. L’or pur obtenu sera transformé en lingots qui pourront être utilisés au niveau des marchés internationaux.

Situation à Madagascar

A Madagascar, l’exploitation de l’or se fait encore de façon traditionnelle et artisanale. En plus du manque de matériels et de personnel compétent, les petits exploitants dont la plupart sont des paysans, se satisferont d’une méthode de broyage des particules au bord des rivières. Cette filière nécessite encore beaucoup d’efforts à entreprendre si l’on veut que la filière aurifère devienne une bonne source d’argent pour la population.

A l’heure actuelle, l’or est devenu un métal précieux très familier. Couramment utilisé dans la fabrication de bijoux, de pièces de monnaies ou d’objets d’apparat, l’or est, de nos jours, de plus en plus employé dans les hautes technologies, notamment dans la fabrication des microprocesseurs des ordinateurs, et même dans la médecine. Si son avenir semble tout tracé, découvrons son histoire.

L’or dans l’Antiquité

L’histoire de l’or a commencé dans l’Antiquité, plus précisément 7 000 ans avant Jésus Christ. L’or est alors sacralisé pour son caractère durable et inaltérable. Porté sous forme d’amulettes et de bijoux, il est ensuite utilisé pour façonner des objets religieux et autres idoles, comme ceux qui ont été répertoriés dans la nécropole de Varna en Bulgarie. Aussi, une grande partie de l’extraction aurifère de l’ancienne Egypte était consacrée aux objets funéraires des grands dignitaires du royaume. La principale source de l’or de ce temps était certainement les alluvions des ruisseaux. Les dépôts alluviaux étaient alors travaillés de manière très primitive par simple lavage à grande eau. Vers l’an 3 000 avant Jésus Christ, l’or est devenu un emblème de richesse et de rang social. D’ailleurs, le roi Crésus qui faisait partie des hommes les plus riches de cette époque disposait d’une importante quantité d’or. La Perse était alors un empire puissant et qui contrôlait les principales mines d’or du monde antique. Par la suite, vers l’an 500 avant Jésus Christ, Cyrus le Grand, aurait frappé la première monnaie en or. A partir de cette période, la frappe de la monnaie s’est répandue, d’abord en Grèce, puis dans le reste du monde antique. Les pièces de monnaie furent, par la suite, reconnues comme une invention révolutionnaire dans les échanges commerciaux.

L’or pendant le Moyen Age

Pendant la dernière partie du Vè siècle, les invasions barbares ont détruit la puissance de Rome et la plupart des dépôts d’or furent pillés. La chute de l’empire romain a été suivie par une crise politique et économique qui s’est étendue dans toute l’Europe. Cette crise économique, combinée à la continuité de la guerre a provoqué une réduction significative de l’exploitation minière. A ces grandes exploitations s’est substitué l’orpaillage. Moins productif et plus individuel, ce procédé d’exploitation fut utilisé pendant une grande partie du Moyen Age. La crise passée, les exploitations minières se développèrent de nouveau dans plusieurs régions du monde comme ce fut le cas pour la terre d’or de Wangara. Par ailleurs, on a également observé des progrès dans la technologie minière et dans les outils utilisés avec, en l’occurrence l’adoption des roues hydrauliques et des moulins à vent pour pomper l’eau des rivières et broyer le minerai. Cependant, les méthodes d’exploitation restent artisanales et les produtions modestes malgré l’utilisation des systèmes d’explosions de la roche. Ainsi, même si la monétarisation de l’or continue, la pénurie d’or met en place un ralentissement général de ce commerce. Pour pallier à ce manque accru de production, la période de conquête des zones aurifères de l’Afrique, puis de l’Amérique débutent alors.

L’or au XIXè siècle

Sur le continent américain, la ruée vers l’or prend de l’ampleur et contribe, en partie, à la conquête de l’Ouest ainsi qu’à la croissance démographique et économique de la région. L’une des principales axes de développement reste notamment Saint Francisco en Californie. Suite à cette expansion, jusqu’à ce jour, les Etats-Unis sont restés deuxième producteur d’or dans le monde. Après les accords de Bretton Woods en 1944, l’or a commencé à servir d’étalon de change. Ce procédé consiste à convertir toutes les monnaies en or. A cette époque, les dirigeants américains interdisaient aux particuliers de posséder de l’or qui devait être remis à l’Etat. En échange, un dépôt bancaire en dollars leur était offert, en pièces ou en billets de banque. En 1971, l’étalon-or est suspendu après la décision des Etats-Unis de ne plus convertir le dollar en or. Actuellement, la plus grande réserve d’or mondiale reste la Réserve Fédérale de New York. Au-delà de ses utilités financières, de plus en plus, l’or est utilisé dans d’autres domaines plus proches du grand public comme le sport, par exemple. Ainsi lors des compétitions, les plus méritants sont récompensés de leurs efforts par des médailles. Si jusqu’ici l’or a connu un front succès, il semble indéniable qu’il est encore voué à un brillant avenir, notamment avec les avancées technologiques actuelles.